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"Claire Castan joue la « Femme chocolat »"

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N’en déplaise à Olivia Ruiz, il n’y a qu’une Femme chocolat. Une artiste chocolatier de Toulouse qui, en 2007, prend les rênes de l’aventure familiale. Même exigence de qualité que son père, même respect de la tradition. Bien ancrée sur ces valeurs intemporelles, l’entreprise de Claire Castan ne connaît pas la crise.
Rien de mieux que le chocolat contre la déprime, c’est bien connu. Surtout quand il est signé Castan, maison toulousaine qui marie tradition et raffinement depuis vingt ans. « Dans les périodes difficiles, le chocolat est une valeur refuge. Rassurant, enveloppant, notre chocolat noir nature de Côte d’Ivoire en est l’exemple même. Par son goût velouté, il renvoie directement à l’enfance », confirme Claire Castan, gérante du chocolatier du même nom depuis 2007. L’affaire, créée en 1989 par son père René, revendique son attachement à l’identité de Toulouse.

De l’adresse de l’atelier-magasin, avenue Saint-Exupéry, est né le chocolat noir à la menthe fraîche « Cap Juby », créé pour les 80 ans de la nomination d’Antoine de Saint-Exupéry comme chef d’escale de l’Aeropostale à Cap Juby au Maroc. Même choix porteur de « l’âme toulousaine » pour leur second point de vente place Saint-Georges, ouvert en mars 2009. « J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette boutique bonbonnière en plein coeur historique de la ville. Notre « St Georges » sur fond de bouquet d’épices et de chocolat noir s’en inspire », reconnaît Claire Castan.

Régime de croissance
Cacaos de Sao Tome, de Madagascar, du Venezuela ou d’Indonésie pour l’exotisme. Noix du Périgord, amandes de Rivesaltes ou noisettes de Bram pour les provenances du cru. Une fabrication toute issue de produits nobles. Et à un prix de vente que l’artiste chocolatier veut raisonnable : « Nous proposons les 100 g à 7,95 euros alors que certains de nos concurrents sont à 8,20 euros ». Avec cette exigence héritée de son père, Claire Castan se développe à coups de 5 à 7% par an. Doucement mais sûrement, elle a atteint 540 000 euros de chiffre d’affaires en 2008, ce qui la place parmi le duo de tête de la dizaine d’artisans chocolatiers toulousains.

Elle hésite encore à se prononcer pour 2009 puisque « près de 40% de l’activité est réalisée à Noël, mais c’est bien parti ». Un coup d’éclat par-ci, par-là tout de même, comme en 2008, lorsque, seule « Femme chocolat » parmi une dizaine d’autres confrères, elle est retenue par la Confédération des Chocolatiers de France pour offrir au Président de la République des ballotins de Saint Nicolas.

Le cacao contre le chaos
Le retour aux sources du goût est à la mode. Claire Castan le sait bien : « Certains clients viennent chez nous dans une démarche quasi culturelle. Retrouver le plaisir des saveurs d’antan. On s’adapte à cette demande de notre clientèle, à 95% des particuliers ». Pour plus de proximité encore, elle envisage même de développer un service de livraison à domicile de cadeaux commandés en boutique, un copier-coller d’Interflora appliqué aux chocolats. Ville test, Toulouse bien sûr.
Isabelle Meijers