Selon le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, la reprise économique prévue en 2010 doit s'accompagner d'une consolidation graduelle des finances publiques en évitant de mener une politique de rigueur. /Photo prise le 11 février 2009/REUTERS/Bazuki Muhammad
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La reprise économique qui se profile doit s'accompagner d'une consolidation graduelle des finances publiques en évitant de mener une politique de rigueur, déclare le gouverneur de la Banque de France.
Une fois la crise passée, la France devra parvenir à l'équilibre et élever son potentiel de croissance en améliorant sa compétitivité et son taux d'emploi, a ajouté Christian Noyer, également membre du conseil de la Banque centrale européenne.
"En France comme dans la plupart des pays avancés, on peut s'attendre à une stabilisation d'ici la fin de l'année puis une reprise en 2010", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
Les politiques nationales - plans de relance et jeu des stabilisateurs économiques - "commencent à porter leurs fruits", a-t-il ajouté, et "depuis le mois d'avril, nous avons un ensemble d'indicateurs qui nous montrent que la situation économique est moins mauvaise".
La désinflation, plus rapide que prévu, pourrait accroître le revenu disponible réel de 3,5 points cet été en glissement annuel et ainsi atténuer l'impact de la hausse du chômage qui pourrait atteindre deux points, a-t-il souligné.
Face au reflux de l'inflation, Christian Noyer s'est montré prudent sur une éventuelle nouvelle baisse du taux du livret A, déjà ramené de 2,5% à 1,75% le 1er mai.
Il faut faire "très attention à ce que le taux de l'épargne ne soit pas trop élevé" pour ne pas pénaliser la croissance, a-t-il dit, et "en même temps, il faut faire très attention aux facteurs psychologiques lorsque les taux nominaux deviennent assez bas". Il adressera sa recommandation au gouvernement le 15 juillet.
OBJECTIFS AMBITIEUX DE RÉDUCTION DES DÉPENSES
Pour asseoir les espoirs de relance, "il est clair qu'il faut mettre en oeuvre les plans de relance et laisser jouer ce qu'on appelle les stabilisateurs automatiques", a-t-il déclaré.
L'objectif, a souligné Christian Noyer, est "le retour à l'équilibre des finances publiques, en prenant garde toutefois à ne pas casser la dynamique de croissance retrouvée".
"Il est très important d'y réfléchir dès aujourd'hui même si on ne se met pas immédiatement à contracter le déficit parce qu'on ne le fait pas au milieu de la récession", a-t-il ajouté.
"Dès que la croissance sera revenue, il faudra être très rigoureux sur l'évolution de la dépense", a-t-il insisté. "Il est important que l'Etat continue à s'assigner des objectifs très ambitieux de réduction des effectifs dans la fonction publique, de gains de productivité, et prépare la façon de restaurer l'équilibre des budgets sociaux."
Prié de commenter l'annonce par Nicolas Sarkozy d'un emprunt qui financerait des priorités stratégiques de la France, il a répondu que "c'est une décision qui intéresse l'Etat".
Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, avait pour sa part déclaré dimanche que les pays européens ne pouvaient plus continuer à accumuler de la dette et qu'ils devaient commencer en 2010 à revenir à l'équilibre.
Pour Christian Noyer, "ce qui paraît important, c'est que l'ensemble des Français se mobilisent autour d'un certain nombre d'objectifs pour les prochaines années, d'objectifs de politique économique, d'objectifs pour relever le potentiel de croissance, investir pour l'avenir".
"Le reste, c'est à l'Etat de voir s'il estime que, pour mobiliser les énergies il faut un acte symbolique, ce n'est pas du ressort des banques centrales", a-t-il ajouté.
Dans sa lettre au président de la République introductive au rapport annuel de la Banque de France présenté mardi, il insiste toutefois sur le fait qu'"il reste essentiel, dans les circonstances présentes, d'assurer la soutenabilité à long terme des finances publiques, sans laquelle la confiance dans l'action publique serait ébranlée, compromettant dès lors son efficacité".
Christian Noyer a mis en garde les autorités françaises contre de possibles dérives protectionnistes.
"La crise ne doit pas conduire à un retour sur l'ouverture de nos économies", a-t-il dit. "Les mesures de soutien à certaines activités industrielles risquent de fausser à terme la juste concurrence, ce qui n'est pas dans l'intérêt de notre pays."
Jean-Baptiste Vey et Marc Joanny, édité par Yves Clarisse
http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2009-06-23/la-banque-de-france-prevoit-une-reprise-de-l-economie-en-2010/916/0/354967