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Auteur: Yousra MAHFOUD
· En 2009, 25% des exportations réalisées sur les produits à haute densité technologique
· Le pays veut se positionner dans la région
Oxford Business Group persiste et signe. A côté de son très attendu rapport annuel sur les pays, le groupe établit périodiquement des analyses ponctuelles par pays. Celles-ci permettent une lecture conjoncturelle. La dernière en date met sous la loupe la stratégie industrielle du pays. Dans une récente publication sur les fondamentaux de l’économie tunisienne à partir de chiffres et de statistiques livrés par les institutions officielles, le groupe établit une véritable radioscopie.
Dans son article, Oxford Business Group met particulièrement la lumière sur la stratégie industrielle de la Tunisie dans les prochaines années, dont la clé de voûte sera le rehaussement de la chaîne des valeurs en s’orientant davantage vers des secteurs à haute densité technologique. Jusque-là, l’amorce a été réussie. En 2009, près de 25% des exportations réalisées par la Tunisie concernaient des produits à haute densité technologique contre seulement 5% en 1995. Et ce n’est pas tout. Les prévisions officielles tablent sur un doublement de ce taux d’ici 2014. Sur ce registre, le pays a constamment montré sa volonté de damer le pion aux destinations voisines. D’ailleurs, les campagnes de promotion et les participations répétitives aux grands salons internationaux confirment cette vision. Parmi les créneaux phares, celui de l’aéronautique. Le développement rapide du secteur encouragé par des opérateurs de référence, tels Boeing ou encore Aerolia, filiale d’Airbus, a donné un nouvel élan. Rappelons que le fabricant de sous-ensembles aéronautiques français Aerolia mise gros sur le marché tunisien, encouragé par les différentes incitations à l’investissement ainsi que le développement du créneau, tant en amont qu’en aval (vers la mise en place de supply chain intégrées et développement de ressources humaines de plus en plus qualifiées). Il compte implanter une nouvelle usine au cours de l’année 2010. Aussi, il projette d’injecter pas moins de 30 millions d’euros au cours des cinq prochaines années. De même que Boeing, qui a annoncé à maintes reprises son intention de délocaliser plusieurs de ses unités de production dans le pays. Il faut dire que ce dernier n’hésite pas à déployer les grands moyens pour vendre la destination appelée désormais Euromed Valley.
Pour ce qui est des autres secteurs traditionnels, les analystes estiment qu’en dépit d’un ralentissement de la demande en provenance de l’Union européenne, ceux-ci sont globalement parvenus à tirer leur épingle du jeu. A la clé, une diversification des partenaires commerciaux. Chiffres à l’appui, la demande de biens industriels en provenance de l’Europe, principal marché, a considérablement baissé. Les statistiques officielles montrent en effet un recul des exportations de 12 milliards d’euros à 8 milliards d’euros. Parmi les nouvelles régions ciblées, les pays du Golfe, l’Asie et l’Afrique subsaharienne. D’ailleurs, les missions de prospection se multiplient au Sénégal, au Gabon, au Cameroun, en Chine,… et ce, sans oublier les partenaires classiques tels que l’Algérie, la Libye. Les secteurs ciblés sont l’agroalimentaire, les matériaux de construction, la mécanique, le bâtiment, les réseaux télécoms,…
La Bourse tunisienne, meilleure performance dans la zone Mena
Une performance salutaire. L’année record connue par la place de Tunis n’est pas passée inaperçue (cf. www.leconomiste.com). Elle lui a valu la première place dans le hit parade des Bourses de la zone Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord en 2009), selon le dernier rapport du groupe financier de Dubai Rasmala Investment Bank. Elle a raflé la vedette à la Bourse égyptienne et à celle d’Arabie saoudite. Le Tunindex, principal indice de la place, a dépassé les principaux indices arabes à l’instar de l’égyptien «EGX 30» qui a gagné 35,1%, et le saoudien «Tadawul» qui a terminé l’année à +27,5%.
Leader du Groupe régional de services bancaires d’investissements, ayant pour siège «Dubai international financial center» (DIFC), Rasmalah permet aux investisseurs et aux partenaires une meilleure analyse de l’environnement des affaires. Il met la lumière sur les marchés financiers cibles de la région Mena. Pour des observateurs, ce classement serait un stimulus à l’investissement dans la place surtout en ces temps d’incertitude. Notons que la part des étrangers dans la capitalisation boursière s’est située à 21,92% à fin 2009 contre 24,74% en 2008.