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Auteur : Propos recueillis par Karim Dronet
La Nouvelle Tribune : C’est la première fois que le Maroc abrite le Congrès mondial des femmes investisseurs arabes. Une belle reconnaissance pour la femme marocaine ?
Asmae Mouhib : Effectivement, tout le mérite de l’organisation de cet événement revient à la femme marocaine. La femme investisseur arabe, par sa représentation au Maroc, a bénéficié de l’organisation de ce premier congrès pour montrer la place qu’occupe la femme marocaine dans le domaine de l’investissement.
Que représente, en chiffres, la femme investisseur arabe au Maroc ?
Les chiffres, qui ont été présentés jusqu’à présent, proviennent d’une ancienne étude (voir encadré) réalisée par l’AFEM (NDLR : l’association des femmes entrepreneurs au Maroc). Cette étude doit être actualisée. Elle nous révèle que 23 % des femmes investisseurs au Maroc ont des activités à l’international mais la grande majorité d’entre elles sont à la tête de PME-PMI dont la taille du chiffre d’affaires ne leur permet pas de conquérir d’autres marchés à l’international.
Vous-même, vous êtes une femme investisseur. Quels sont, selon vous, les éléments qui entravent le développement de la femme dans le monde des affaires, notamment par rapport à la concurrence masculine ?
Personnellement, je n’aime pas trop parler de concurrence entre l’homme et la femme dans le domaine de l’investissement. Vous le savez, l’investissement n’a pas de sexe ! Mais, c’est vrai que de nombreux obstacles se dressent devant la femme investisseur car ce sont les hommes qui dominent le secteur financier. Il faut que les décideurs aient aujourd’hui plus confiance dans les femmes et offrent plus de possibilités à ces femmes pour qu’elles puissent élargir leurs activités.
C’est vrai que le secteur bancaire sera fortement représenté lors de ce premier congrès mondial des femmes investisseurs arabes. Ce sera sans doute l’occasion pour vous de faire passer un message concernant le fait que la femme est aussi crédible que l’homme dans le monde des affaires ?
Tout à fait. Nous avons programmé d’ailleurs un atelier sur le financement. Ce sera évidemment une belle occasion d’étudier ce problème. Il faut que nous parvenions à sortir de ces rencontres avec un certain nombre de recommandations et d’orientations. Nous espérons ainsi persuader ces organismes financiers de favoriser l’investissement au féminin et d’accompagner la femme dans tous ses projets.
Vous êtes la présidente de la représentation marocaine de l’Union des femmes investisseurs arabes, qui a vu le jour à Casablanca au printemps dernier. Quels sont vos objectifs ?
L’objectif est clair et simple. La première des choses est de créer un réseau entre le monde arabe et l’international. Nous souhaitons aussi participer au développement de la femme marocaine en mettant en place des outils de formation et de financement. Nous comptons aussi mener des actions de sensibilisation et d’information auprès de la femme marocaine.
Qui sont les femmes marocaines chefs d’entreprise ?
Selon une étude réalisée pour le compte de l’AFEM en 2004-2005, les Marocaines qui sont chefs d’entreprise, ont pour la plupart entre 25 et 55 ans avec “une forte proportion” dans la tranche d’âge des 35-44 ans. Cette enquête a révélé qu’un peu plus d’un tiers (34%) des femmes sont à l’origine de la création de leur entreprise. De plus, elles détiennent une part significative du capital. Selon l’étude, une femme sur deux possède 40% du capital.
Par ailleurs, les deux tiers de la population sondée (66%) sont des dirigeantes à la tête de l’entreprise qu’elles ont créée. 73% des femmes sont également dirigeantes d’entreprise dans laquelle elles ont des participations. Les femmes gérantes qui ne sont pas associées au capital représentent 25%. A noter aussi que 40% de l’échantillon sont mariées à des hommes qui occupent des fonctions de direction au sein de l’entreprise.
En termes d’expérience, les deux tiers des femmes ont une activité professionnelle antérieure. La moitié (51%) d’entre elles viennent du privé où elles assuraient la fonction de cadre ou dirigeante. En revanche, seulement 8% étaient dans le secteur public et 3% de profession libérale.
Côté formation, environ les deux tiers (60%) sont diplômés de l’université. Les femmes entrepreneurs viennent aussi des écoles de commerce (28%). Les ingénieurs de formation ne représentent que 5% et celles de formation technique 8%.