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"Plafond de verre"

Par : Saloua Karkri-Belkeziz, Aufait Maroc

Les filles sont plus nombreuses sur les bancs de l’école que les garçons. Elles réussissent mieux au baccalauréat et à l’université. Plus de cinquante pour cent de nos diplômés sont des filles.

Et pourtant le pourcentage des femmes aux postes de décision est insignifiant. Les femmes à la tête des entreprises sont rares.

Même avec la discrimination positive instaurée, très peu émergent en politique. Elles disparaissent dans la nature sous ce plafond de verre qu’elles n’arrivent pas à briser.

Le Pays en paye le prix. Il est aujourd’hui universellement admis que les Entreprises qui optent pour la mixité améliorent leur efficience et leur productivité, que les économies qui intègrent les femmes sont plus dynamiques et plus performantes.

L’Entreprenariat est une meilleure formule pour les femmes marocaines parce qu’il leur permet d’autogérer leurs contraintes familiales et de doser la mobilité et la disponibilité que leur impose la prise de pouvoir.

Mais le plafond de verre ne concerne pas que les femmes.

Il inhibe toutes les énergies chaque fois que le système est injuste ou déréglé. Dans un système corrompu, les intègres resteront sous le plafond de verre. Les entreprises confrontées à l’informel auront du mal à émerger, l’innovation ne survit pas à l’imitation, la création s’estompe devant la piraterie.

Les partis politiques aujourd’hui imaginent comment briser le plafond de verre qui prive les cadres et les intellectuels d’accès au Parlement. Pour y rehausser le débat.

Mais au fait, ne vaut-il pas mieux, plutôt que de corriger les effets de nos tares, lancer les gros chantiers de structuration du pays, de façon à donner des chances égales à tous, hommes et femmes, et favoriser la compétence, l’intégrité, l’innovation, la création?